La France doit rééquilibrer l’aide au développement en matière d’éducation

J’ai interrogé le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur l’Aide publique au développement par le biais d’une question écrite. En effet, la part de l’Aide publique au Développement que la France alloue à l’éducation de base (primaire et secondaire) est en baisse alors que la part consacrée aux bourses et frais d’accueil des étudiants de l’enseignement supérieur étrangers est 24 fois supérieure. Si évidemment il est important de favoriser les échanges universitaires internationaux, ceux-ci ne concernent que les plus aisés qui ont pu bénéficier d’un enseignement primaire et secondaire de qualité. Dans un contexte où les inégalités, l’extrême-pauvreté et le repli sur soi touchent de nombreux pays en développement, il y a urgence à rééquilibrer notre soutien financier en matière d’éducation en l’orientant en priorité vers l’éducation de base, c’est à dire le primaire et le secondaire.

Le texte de ma question : 

Madame Sabine Rubin attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur l’aide bilatérale consacrée par la France au secteur de l’éducation dans le cadre de son aide publique au développement (APD). Selon les chiffres déclarés par la France au Comité pour l’aide au développement de l’OCDE au titre de l’APD pour l’année 2015, qui sont les derniers chiffres disponibles, la France a consacré pour cette année 926 millions d’euros (167 millions dollars) d’aide bilatérale à l’éducation dans les pays en développement. Sur ce total, 72% sont dirigés vers l’enseignement supérieur, dont la quasi-totalité vers les bourses et frais d’écolages versés pour l’accueil d’étudiants étrangers en France, des fonds qui ne contribuent pas au développement des systèmes éducatifs des pays. L’appui aux systèmes d’éducation de base (primaire et secondaire) dans les pays en développement ne représente que 15% de l’aide bilatérale à l’éducation, et 2,5% de l’APD totale. En termes d’allocation géographique, les 17 pays désignés comme prioritaires pour l’aide au développement française par le Comité interministériel pour la coopération internationale et le développement en 2016 ne sont bénéficiaires que de 18,5% de l’aide bilatérale consacrée par la France à l’éducation. Afin que l’aide bilatérale à l’éducation puisse répondre aux besoins éducatifs les plus fondamentaux et urgents, elle souhaite donc savoir quelle est la justification d’une telle priorité accordée aux frais d’écolage par rapport à l’éducation de base, et quelles mesures permettant un rééquilibrage des allocations sous-sectorielles de l’aide à l’éducation et une véritable priorisation des pays les plus pauvres sont aujourd’hui envisagées.

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