Pourquoi j’ai voté contre le projet de loi « terrorisme » ?

Après seulement trois jours d’examen en session extraordinaire, nous étions appelés à voter aujourd’hui un projet de loi intégrant dans le droit commun un État « d’urgence » devenu permanent.
Nous avons déposé une quarantaine d’amendements propre à dessiner une alternative à la vision portée par le gouvernement.

Alternative nourrie des réflexions de nombreuses ONG et collectifs, de la LDH au syndicat de la Magistrature en passant par la Quadrature du Net, témoignant du sérieux de notre démarche.

Tout cela fut malheureusement balayé d’un revers de la main par l’actuelle majorité, au profit d’une véritable surenchère sécuritaire et d’une escalade d’anathèmes peu à même d’établir un climat serein pour des questions aussi préoccupantes pour nombre de nos concitoyens.
Nous avons assisté ici encore à une caricature de débat, nos propositions argumentées d’amendement étant systématiquement débouté sans autre forme de procès qu’un lapidaire et sempiternel « avis défavorable ».

Par conséquent nous avons voté contre un projet attentatoire aux droits des citoyens et de surcroît inefficace à parer la menace qui pèse actuellement sur notre pays.

Pour ma part je crois que l’argent reste en la matière le nerf de la guerre, et c’est en s’attaquant sérieusement aux sources de financement des terroristes que l’on sera le plus à même de garantir la sécurité de nos concitoyens.

Or il est symptomatique que la majorité En Marche, de concert avec les Républicains, se soit refusé à adopter l’amendement « Lafarge » visant à confisquer les biens d’une entreprise s’étant rendue coupable d’intelligence avec l’ennemi.

De même nous proposions de référencer les pays qui, à l’instar du Quatar, sont soupçonnés de financer directement ou indirectement les réseaux terroristes, et d’établir des sanctions limitant leurs investissements sur notre territoire.

Je reste fermement convaincue que ce n’est pas en votant une énième loi « antiterroriste » qui prévoit – entre autres – la possibilité pour le Préfet de fermer des lieux de culte contre l’avis de nos services de renseignement, que nous lutterons de manière efficace contre les actes terroristes.
Il faut agir en amont, en dissuadant des entreprises d’offrir leurs services à l’ennemi, en tarissant les sources de financement dont il bénéficie et en dotant de véritables moyens humains et financiers nos services de renseignements.

Garantir la sécurité du plus grand nombre en fortifiant nos libertés républicaines, c’est refuser de laisser à nos adversaires un seul pouce de terrain en ne cédant ni à l’affolement ni au défaitisme.

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