CNRS : Sabine Rubin défend l’indépendance de la recherche scientifique

J’ai eu le 16 janvier l’occasion d’interpeller Antoine Petit, le futur président du CNRS sur la question de l’indépendance de la recherche scientifique. Vous trouverez le texte de la question ci-dessous :

La campagne de recrutement 2017 de nouveaux chercheurs au CNRS s’est déroulée dans des conditions plus que néfastes pour l’image de la recherche française en jetant un discrédit sur les concours d’entrée.
Je veux parler ici de la question des déclassements dans la procédure de recrutement des chercheurs.
Pour rappel, la procédure de recrutement se déroule en deux phases après un premier écrémage.

Au printemps, les candidats sont auditionnés par une commission de section composée de membres nommés par le CNRS ou élus par leurs pairs. La seconde, en juin, est assurée par un jury d’admission composé de membres proposés par la direction. Ce jury d’admission peut légalement faire des ajustements à la marge suite aux choix du jury d’admissibilité, comme par exemple pour respecter le principe de parité.

En revanche cette année, c’est la première fois que le jury d’admission a déclassé autant de candidats pourtant retenus par les différents jurys de sections. Ce fut le cas pour plusieurs sections dont la section 36 « Sociologie et Droit », où un poste sur 3 a été simplement déclassé et où aucun sociologue n’a été recruté. En section 32 « Mondes anciens et médiévaux », aucun candidat n’a été retenu alors que le jury de section en avait sélectionné un.
En temps normal, cette procédure permet de réaliser pour des motifs de politique générale de l’organisme, quelques ajustements d’ordre administratif à la sélection du jury de section.

En aucun cas, elle ne doit offrir la possibilité au jury d’admission de balayer d’un revers de la main les choix de recrutement collégiaux de la communauté scientifique et le fastidieux travail de sélection qui en sont à l’origine. Autrement, nous ferions face à une remise en cause d’un des principes fondamentaux de la recherche scientifique, l’évaluation par les pairs.

Déjà précarisés et fortement assujettis aux contrats courts et faiblement rémunérés, le recrutement des chercheurs ne peut pas se permettre d’être en outre, voué au management autoritaire, aux guerres de chapelles et à une vision quantitative.
M. Petit, quelles solutions envisagez-vous au cours de votre mandat pour mettre un terme à ces pratiques qui remettent en cause in fine la légitimité de la communauté scientifique ?

 

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