Hôpital Verdier, le pronostic vital est engagé

Ce samedi, à l’hôtel de Ville de Bondy, se sont déroulées les Assises de la Santé.

Difficile de croire – malgré les propos des experts soigneusement sélectionnés par la municipalité – que l’hôpital Verdier ne vienne pas à disparaître totalement.

Un simulacre de réflexion

Ces Assises de la Santé semblaient prometteuses en matière de débat et de réflexion : « ma Santé, tous concernés », « débats », « mobilisation unanime ».
Rien n’y était. Ni habitants, ni débats, ni mobilisation, ni réflexion alternative.
Les différents acteurs de santé nourrissaient pourtant d’ardents espoirs pour dégager enfin une vision claire du devenir de l’Hôpital Verdier.

Pour rappel, cet équipement public – acteur phare des problématiques de Santé – est au cœur d’une lourde restructuration pilotée par l’AP-HP.
Depuis 2015, plusieurs services ont été déplacés sur l’hôpital Avicenne de Bobigny, et des financements ont été coupés, privant ainsi les habitants de Bondy et des environs, d’un nécessaire hôpital de proximité et de qualité.

La saignée sur Verdier : un choix aux conséquences lourdes pour notre territoire

En dédiant la majorité des budgets sur les grands équipements de santé tel qu’Avicenne, ce sont les structures de proximité qui finissent par s’écrouler.

Or, en coupant les crédits de Verdier, en désossant cet équipement public de proximité – qui fut même de renommée internationale – c’est l’ensemble du maillage des acteurs de santé – les médecins de ville, les CMS (Centres Municipaux de Soins), les centres de prévention, les services externes psychiatriques, les urgences, la maternité – qui se retrouve tous mis à mal.

A terme, c’est bien la création du désert médical le plus proche de Paris qui nait sous nos yeux.

Une politique de privatisation des soins qui ne dit pas son nom

Quand une des rares habitantes présente à ces assises s’inquiète de l’obligation qu’elle aura de se rendre dans la « maternité paquebot » d’Avicenne à Bobigny, on lui rétorque qu’elle pourra toujours aller dans une clinique privée. Voilà le vrai visage du projet pour Verdier : casser, là aussi, le service public pour laisser le champ libre au privé.
Est-ce aux personnels dévoués de supporter les coupes budgétaires ?
Est-ce aux municipalités à pallier les baisses des dotations financières de l’Etat ?
Est-ce aux médecins de ville ou des CMS d’assumer une charge administrative ou d’horaires supplémentaires ?
Et surtout, est-ce aux patients, à supporter une politique de privatisation de la Santé ?

Après ces assises, mettons nous debout pour une offre de soins du 21ème siècle

Ces assises n’ont aucunement apporté de début de réponses à ces questions. Tout au long de cette journée, il n’a été question que de performer l’offre de soin ou d’optimisation de la qualité de service. Par le recul du niveau de financement public sur Verdier, c’est bien l’installation des établissements privés qui est favorisée.

Samedi, nombreux étaient ceux qui nourrissaient un véritable espoir pour une continuité de services de santé publics de qualité et de proximité.
Désormais, j’invite tous les bondynois, bondynoises, habitants des environs à rejoindre le Comité de Défense et de Promotion de l’Hôpital Jean Verdier, déjà investi par les syndicats, des patients, des médecins, des soignants, avec le soutien de différents élus.

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