Le service civique sert de béquille aux défaillances du service public !

En ce 28 mars 2018, je suis intervenue en commission des affaires culturelles et de l’éducation pour interpeller Yannick Blanc, haut-commissaire à l’engagement civique et président de l’agence du service civique sur le dumping social qu’engendre ce dispositif. Le texte de la question se trouve sous la vidéo :

 

Monsieur le haut-commissaire à l’engagement civique Yannick Blanc,

Sous couvert d’engagement citoyen, le service civique ne fait que créer une main d’œuvre bon marché.

On pourrait se satisfaire de la loi Égalité et Citoyenneté de 2017 qui a reposé le principe de non-substitution des activités des volontaires à un véritable emploi ou à un stage. Mais n’a pas empêché le rapport annuel de la Cour des Comptes de 2018 d’évoquer des « possibilités de dévoiement » sur ce plan. Le rapport évoque ainsi des situations que l’on connaissait comme à Pôle Emploi où des « volontaires » se retrouvent chargés de tâches normalement réservées aux agents qui peuvent parfois largement dépasser leurs compétences. Ils peuvent également subir la colère des usagers mécontents des longues files d’attentes ou du fonctionnement de plus en plus dégradé des agences. Ces jeunes se trouvent alors dans une position difficile en servant de béquille aux défaillances du service public sans même gagner de quoi vivre de manière autonome !

Cette main d’œuvre est en effet bon marché : payée à hauteur d’un demi-SMIC, elle peut travailler jusqu’à 48 heures par semaine. Dans un contexte de baisse des dotations de l’État et de suppression des contrats aidés, il devient alors tentant pour les collectivités territoriales et les associations d’y recourir.

Monsieur le haut-commissaire, pourriez-vous donc nous indiquer que la loi de 2017 est respectée au vu de la situation que je viens de décrire ?

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