Loi programmation militaire : pourquoi nous avons voté contre

296 milliards d’euros. C’est le budget que la France va consacrer à l’armée les six prochaines années, soit une hausse de 100 milliards pour le plan 2019-2025 par rapport au plan 2014-2018.

Il était certes nécessaire – dans un contexte de multiplication des théâtres d’opérations – d’augmenter le budget pour permettre d’améliorer le quotidien de nos forces armées en mettant un terme aux années de disette budgétaires. Mais le gros des dépenses étant programmé pour le quinquennat suivant, l’engagement du gouvernement n’est donc qu’un coup de communication dont le coût sera assumé par la majorité suivante.

Nous critiquons le choix politique du gouvernement d’augmenter le budget de notre dissuasion nucléaire de 60% par rapport à 2014 en le portant à 37 milliards d’euros.

Face aux méthodes employées par les auteurs d’actes terroristes ces dernières années partout sur le globe, il faudrait nous expliquer en quoi une « ligne Maginot » de dissuasion nucléaire serait pertinente pour empêcher la principale menace à laquelle nous devons faire face, c’est à dire des attentats sur notre sol.

Ensuite, la volonté affichée du gouvernement est que le budget de la défense atteigne 2% du PIB. Nous souhaitons – comme l’ensemble des acteurs du milieu – la même chose pour le budget de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Toutefois, cette augmentation fulgurante interroge sur le lien entre cette hausse française et l’injonction de l’OTAN à porter la participation des Etats membres à 2% du PIB comme le montre cette vidéo d’une députée En Marche lors du débat sur la LPM en commission de la Défense. Celle-ci défend l’idée à deux reprises que la France a rempli, avec ce nouveau budget, les desiderata de l’organisation atlantiste malgré l’embarras du Président de la commission et de la rapporteure :

Nous avons par ailleurs déposé un amendement visant à faire reconnaitre que la Turquie constitue une menace pour la paix en attaquant ainsi nos alliés kurdes. Le gouvernement l’a refusé alors qu’il était soutenu par tous les groupes parlementaires car la Turquie est membre de l’OTAN et est par conséquent considérée comme une puissance alliée par l’exécutif.

L’accord UE-Turquie récemment renouvelé nous empêche d’avoir une position franche vis à vis de la Turquie, qui irait dans le sens de la doctrine géopolitique dans laquelle notre pays s’inscrit depuis plusieurs décennies. Il semblerait également que l’UE ait financé à hauteur de 83 millions d’euros du matériel militaire pour que les forces turques traquent les réfugiés à la frontière syrienne.

Fait rare : notre amendement porté par mon collègue Bastien Lachaud permettant de renforcer les dispositifs de lutte pour plus d’égalité homme-femme dans l’armée a été voté à l’unanimité.

Nous avons porté – comme à chaque fois – un contre-projet que je vous invite à regarder ici :

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