Opéra Garnier en danger : l’État doit prendre ses responsabilités !

En septembre dernier j’ai reçu avec mon collègue Michel Larive des représentants du personnel de l’Opéra national de Paris.

Ils nous alertaient alors sur une situation financière exsangue suite au désengagement progressif de l’État, sur de graves problèmes de sécurité pesant sur les travailleurs ainsi que sur la dégradation de leurs conditions de travail.

Par la suite, j’ai pu rencontrer le Directeur-Adjoint de l’Opéra qui m’a confirmé l’asphyxie financière de l’établissement qui devrait attendre son point critique en 2020.

La situation de l’Opéra de Paris n’est malheureusement que le symptôme trop visible du délitement de nos institutions culturelles, livrées à tous les vents du mécénat.

Parce que l’Opéra de Paris est un atout pour la France dans son rayonnement international, j’ai décidé d’interpeller la Ministre de la culture à ce propos.

Retrouvez le texte de ma question :

Mme Sabine Rubin interpelle Mme la ministre de la culture sur l’inquiétante situation économique et financière de l’Opéra national de Paris.

J’ai été interpellée en septembre dernier par le personnel de l’Opéra Garnier qui m’alertait alors sur la situation financière exsangue de l’établissement, entraînant une dégradation importante du site ainsi qu’un risque important de sécurité pour les personnels de l’Opéra.

Les documents qui m’ont alors été transmis tendent à démontrer que les dotations financières de l’État sont chroniquement insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins.

Depuis 2010, on peut estimer à près de 55 millions la perte de subventions de fonctionnement et d’investissement, mettant en péril l’équilibre financier de l’établissement.

C’est pour le moment le fond de roulement qui compense essentiellement cette perte, non de façon « éventuelle » comme il a été dit à ma collègue Géraldine Bannier pour la réponse à sa question écrite du 03/10/2017.

La part de « l’autofinancement » est considérable : elle représente 7.8M€ annuel.

En l’espace de cinq ans, ce même fond de roulement est ainsi passé de 62.03 M€ à 40.31 M€, soit une perte de 21.72M€.

Nous avons rencontré, en compagnie de mon collègue Michel Larive, Mr. Jean-Phillipe Thiellay, Directeur-adjoint de l’Opéra de Paris, le 07/03/2018 sur le site de l’Opéra Bastille.

Ce dernier a malheureusement confirmé nos craintes : faute d’une subvention publique suffisante, il estime que le fond de roulement sera épuisé à horizon 2020.

Pour pallier à cette situation, le prix du billet a longtemps été la variable d’ajustement, une politique tarifaire contraire à la mission de service public que devrait assumer l’Opéra de Paris, en éloignant les publics les plus modestes.

La suppression de 60 équivalents temps-plein devait pourtant conditionner une augmentation de 1.25% par an des subventions, comme décidé lors du plan pluriannuel 2009-2015 signé par l’État.

Au final, ce seront près de 80 équivalents temps-plein qui seront supprimés, mais la hausse prévue des subventions n’a en revanche pas suivi.

Un désengagement de l’État qui s’est également traduit par une hausse considérable de la part du mécénat (+77% entre 2014 et 2017), rendant d’autant plus fragile la bonne santé financière de l’établissement et risquant également d’influencer de manière directe ou indirecte la programmation, à rebours des ambitions artistiques de l’Opéra.

Elle lui demande donc quelles mesures précises elle entend prendre pour assurer la viabilité financière de l’Opéra national de Paris, atout majeur du rayonnement culturel et artistique de la France dans le monde.

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