Je propose une mission flash autour de la création d’un statut pour les AVS/AESH

 

Huit ans de période d’essai. Huit ans à endurer des contrats à temps partiel de 20h par semaine pour environ 600 euros net par mois. D’abord deux ans en contrat unique d’insertion maintenant en Parcours Emploi Compétences, puis des contrats de droit public à l’année renouvelables ou non six fois, avant d’obtenir enfin peut-être un CDI. Huit ans à subir une précarité institutionnalisée : la quasi impossibilité d’avoir un second emploi à temps partiel en raison des emplois du temps imposés par les établissements ; l’impossibilité d’anticiper l’avenir, de trouver un logement, ou de contracter un prêt car ils sont suspendus à la signature qui renouvellera ou non leur contrat et à la main du gouvernement qui supprimera ou non le régime précaire sous lequel ils ont été recrutés.

Voilà le sort réservé aux 86 000 Accompagnants des Elèves en Situation de Handicap (AESH), une profession qui subit un turn-over plus qu’important. Pourtant, depuis la loi du 11 janvier 2005, ils sont la cheville ouvrière de l’inclusion des élèves en situation de handicap. En 10 ans, la scolarisation de ces élèves a augmenté de 80% tant et si bien qu’ils sont devenus un lien incontournable entre l’institution républicaine qu’est l’école et les élèves qui nécessitent d’être accompagnés par des professionnels pérennisés et mieux formés.

Un lien qu’ils sont d’ailleurs obligés de construire par eux-mêmes car ils ne bénéficient que d’une formation générale de 60h dispensée souvent un ou plusieurs mois après leur prise de poste. Ensuite, rien n’est prévu pour les aider à accompagner efficacement les enfants autistes ou souffrant de troubles DYS. De nombreux cas m’ont été rapportés, d’AESH sans autre choix que de se former en regardant des tutoriels vidéos en ligne ou se procurer des livres sur les handicaps à leurs propres frais.

La France a été condamnée 5 fois par le Conseil de l’Europe pour discrimination à l’égard des enfants autistes, pour un manque de scolarisation et de formation professionnelle. Le Plan Autisme annoncé par Sophie Cluzel ne comprend pas de volet sur le statut des AESH.

Le candidat Macron s’est pourtant engagé pendant la campagne présidentielle à « pérenniser ces emplois, les stabiliser », ce qui passe par « la mise au statut et la rémunération digne de ces professions ».

Rémunération indigne, temps de travail annualisé, baisse du nombre d’heures, formation inexistante, absence de reconnaissance, des contrats différents d’une académie à l’autre : la rentrée 2018-2019 est déjà demain et rien n’a encore été prévu de manière sereine et égalitaire sur le territoire.

C’est pourquoi je proposerai à la prochaine réunion du bureau de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, le mercredi 18 avril, la création d’une mission flash pour la création d’un véritable statut des AESH au sein de l’Education Nationale au nom du groupe La France insoumise.

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4 Responses

  1. Béroard dit :

    Bonjour,

    Merci de vous battre pour nous n’oubliez pas dans vos revendication l’article 4 qui donne droit a l’éducation nationale de réduire notre temps de travail comme ils l’entendent lors de la signature de notre CDI et après cette signature ils peuvent encore le faire à tous moments et si nous ne sommes pas d’accord nous devons démissionner et du coup rester 4 mois sans revenues et ensuite toucher une allocation chômage ridicule vu que notre salaire au départ est déjà en dessous du seuil de pauvreté ! De plus merci de ne pas oublier nos collègues AED (Surveillant) qui eux au bout de 6 années de bons et loyaux service se retrouvent sans travail car l’éducation nationale et l’état n’ont pas prévu de CDI pour eux alors que nous sommes bien d’accord sans eux les collèges et lycées auraient du mal à tourner !
    Encore merci

  2. Bonjour Madame la Députée,

    En tant que collectif AESH dont la pétition adressée à la présidence est restée lettre morte, notre plaisir est d’autant plus grand à la lecture de votre communiqué de presse.

    La seule réponse de la Présidence que nous ayons obtenue est une réponse type qui nous indiquait que notre lettre avait été transmise au Ministre de l’Education nationale et à la Secrétaire d’Etat Chargée du handicap, lesquels n’ont pas daigné faire suite à notre missive.

    Toutefois, la vie réserve des surprises. Le 4 décembre dernier, lors de la journée du handicap, Monsieur Blanquer et Madame Cluzel se sont déplacés dans l’établissement dans lequel je suis affectée cette année. J’ai profité de cette opportunité pour rappeler à Madame Cluzel l’envoi de notre pétition. Elle m’a orienté vers son chef de cabinet, Monsieur Fondin, pour qu’il me laisse ses coordonnées et que je lui réachemine notre pétition. J’ai longuement échangé avec Monsieur Fondin à propos du diplôme de niveau V qui nous est imposé depuis le décret du 29 janvier 2016. J’ai insisté sur le fait que nous souhaitions son abrogation et que nous aimerions participer à l’élaboration d’un diplôme niveau IV minimum. Il m’a assuré qu’il reviendrait vers nous. Nous attendons toujours.

    Si je vous relate tout ceci, ce n’est que pour illustrer le fait que l’indifférence, voire le mépris, prévaut lorsqu’il s’agit de s’occuper des acteurs sociaux qui ne participent pas directement à l’augmentation du PIB, et pourtant ce sont eux qui resserrent le tissu social. Que nous soyons AESH, ATSEM, IME, aides-soignants, aides à domicile, enfin tous les métiers du social sous-payés, ce sont l’exercice de nos fonctions qui font qu’un pan de la société ne s’écroule pas tout à fait. Nous méritons une reconnaissance sociale et économique nationale.

    D’autre part, j’ai également interpellé des élus de gauche, mais en vain. Bien que vous soyez au fait de notre situation, vous voudrez bien trouver ci-après notre pétition qui compte à ce jour 894 signataires. Merci pour votre initiative. Nous vous suivrons avec attention. Merci encore.

    Virginie Cassand
    @aeshloi2005

  3. vaulot dit :

    Quelles ont été les suites ?

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