Casse de l’apprentissage : « asservir aux besoins de l’entreprise, voilà toute votre réforme ! »

Ma commission était saisie ce mercredi 23 mai à propos de la réforme de l’apprentissage.

Alors qu’il s’agirait de « renforcer l’attractivité des filières », nous avons affaire à un cocktail détonant de mesures fragilisant les conditions de travail des apprentis et les plaçant sous la coupe des entreprises et branches professionnelles.

Au programme : autoriser le travail de nuit, augmenter la durée quotidienne du travail, faciliter les ruptures conventionnelles sans possibilité de recours aux prud’hommes, possibilité pour l’employeur de déterminer « librement » le contenu pédagogique de l’apprenti, délitement de l’ONISEP…

Retrouvez l’intégralité de mon intervention :

 

Monsieur le président,

Madame la rapporteuse,

Cher-e-s collègues,

Si je devais trancher par une formule, je dirai ceci : asservir l’apprentissage et l’orientation aux besoins de l’entreprise, voilà toute votre réforme.

Concernant l’apprentissage, ce texte est vicié en son principe : pour l’apprenti, il ne s’agit plus d’acquérir des savoirs tant théoriques que pratiques, dans la perspective d’un diplôme national ; mais en revanche il permet aux entreprises de fabriquer de « l’employabilité » à bon marché.

J’en veux pour exemple le contrôle du contenu pédagogique qui pourra en effet être assuré par des représentants de chambres consulaires ! De plus, par voie d’expérimentation demain, le contrat d’apprentissage pourra voir son contenu pédagogique « librement » défini par l’employeur ! Quid du diplôme national garantissant un savoir et des garanties sociales ?

A l’heure où vous-mêmes dîtes qu’il est impossible de prévoir quels seront les emplois de demain, cette réforme enferme les apprentis dans des compétences spécifiques à une entreprise et non à la pratique générale d’un métier.

Mes chère-e-s collègues, l’employabilité, en français libéral, ce n’est pas devenir employable mais c’est faciliter les ruptures de contrat pour l’employeur.

L’employabilité, c’est la libéralisation de la formation des apprentis, pour des CFA de plus en plus subordonnés aux désidératas de l’entreprise ou de la branche professionnelle.

 

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