Grand débat national : quand Macron sous-traite aux lobbys !

L’un de nos concitoyens a pris soin de m’interpeller sur le choix de l’entreprise chargée par le gouvernement d’organiser la gestion du grand débat public sur le web : Cap collectif.

Cette dernière a été fondée par Cyril Pereira-Lage, un ancien associé de la société Spinpartners, spécialisée dans le cyberlobbying.

Or cette société s’était illustrée en octobre 2013 par la publication d’une étude portant sur les moyens de déployer une « stratégie d’influence online adaptée et performante ».

Sur la présentation qui en est faite sur le site des Echos, on peut notamment y lire ceci : « A l’ère numérique, avec les médias sociaux (blogs, Facebook, Twitter, etc..), les messages des entreprises et des institutions sont désormais concurrencés et contestés en permanence par toute sorte d’acteurs : concurrents, associations, ONG, consommateurs, citoyens, activistes ; […] pour défendre durablement leurs intérêts et leurs valeurs, les entreprises doivent élaborer des stratégies d’influence adaptées à cet environnement toujours plus complexe ».

S’appuyant sur les outils du « Perception Management » (PM), pareille étude mobilise les acquis des recherches en sciences humaines sur les mécanismes de la cognition humaine afin d’influencer de manière pérenne les représentations et les choix des acteurs concernés.

Cette entreprise avait notamment, à titre d’exemple, commercialisé son savoir-faire auprès de la Lyonnaise des Eaux à travers l’organisation d’un débat en ligne sur l’avenir de l’eau.

On peut dès lors que s’étonner du choix fait par le gouvernement de recourir à une entreprise dont le fondateur s’est forgé une réputation de cyberlobbyiste : en effet on pourrait allégrement supputer que cette dernière serait tentée de biaiser les termes mêmes du débat, tant du point de vue de la collecte que du traitement des données, en mobilisant une véritable expertise en matière de « stratégie d’influence ».

Cela serait bien sûr contraire au principe de la plus grande transparence et neutralité sous l’auspice desquels doit se dérouler un débat qui soit véritablement à la hauteur des attentes de nos concitoyens, notamment en matière de revalorisation du pouvoir d’achat ou de justice fiscale.

Dans ce contexte, Mme Rubin souhaite savoir quels principes garantiront la transparence et la sincérité de l’organisation du grand débat national, notamment dans son versant numérique, et quel est la teneur et le montant du contrat qui lie notre gouvernement avec cette entreprise privée ?

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