Vente d’armes à l’Arabie saoudite : pour une poignée de pétrodollars

Alors que le gouvernement fait mine de s’enquérir des libertés publiques et individuelles au Vénézuela, c’est en toute quiétude que ce dernier peut vendre des armes à l’Arabie saoudite, un régime qui méprise les droits les plus élémentaires de ses citoyens et mène une guerre absurde et cruelle contre son voisin yéménite.

Cette morale à géométrie variable, uniquement guidée par de sordides ressorts financiers, doit cesser : la France ne doit pas se déshonorer plus longtemps et doit cesser immédiatement toute vente d’armes à destination du régime saoudien.

Retrouvez le texte de ma question au Premier ministre :

Mme Sabine alerte M. le Premier ministre sur l’indignité que représente pour la France la vente d’armes à destination de l’Arabie saoudite.

Nul ne peut ignorer ce scandale particulièrement macabre dont s’est ému la presse internationale en octobre dernier : l’assassinat du journaliste Khashoggi, torturé puis découpé à l’ambassade d’Istanbul par des sbires du régime saoudien.

Cet assassinat extra-judiciaire vient rappeler à l’opinion publique le caractère tyrannique et cruel du régime saoudien, monarchie liberticide régulièrement dénoncée par de nombreuses ONG pour ses violations manifestes et répétées des droits de l’Homme les plus élémentaires.

Pour rappel : 48 décapitations ont eu lieu sur des places publiques entre janvier et avril 2018, dans un pays qui se situait à la 164ème position sur 180 dans le classement relatif à la liberté de la presse établie par Reporters sans Frontières en 2015.

Royaume où un opposant s’exprimant pacifiquement sur la nature du régime peut être passible de 1000 coups de bâton et 10 d’emprisonnement, comme cela a été encore le cas pour M. Raif Badawi, récipiendaire du prix Sakharov en 2015.

Pourtant la France s’expose à être frappé d’indignité morale et politique sur la scène internationale en livrant régulièrement des armes à l’Arabie saoudite, notre deuxième partenaire commercial en la matière, avec 11 milliards d’armes vendues entre 2008 et 2017.

La presse s’est récemment fait le relais de la vente de cinq corvettes de classe Gowind à destination de Ryad par le Naval Group (détenu à 62.5% par l’Etat) à destination de Ryad.

Cela alors que le régime saoudien mène une guerre particulièrement atroce contre son voisin yéménite. Depuis 2016, ce sont près de 62 000 personnes qui sont mortes des suites des combats, selon l’ONG Acled, dont des milliers de civils lors des bombardements.

Disette, épidémie, embargo, famine et bombardements intensifs se conjuguent pour accabler un peuple yéménite victime des ambitions impérialistes de l’Arabie saoudite, où près de 85 000 enfants sont morts de faim ou de maladie depuis 2015, selon l’ONG Save Children.

La France ne saurait se faire complice de pareil régime, complice d’une guerre cruelle et absurde largement dénoncée par la communauté internationale, complice d’une monarchie qui méprise aussi ostensiblement les droits et libertés de ses propres citoyens.

Alors que le Président de la République semble s’émouvoir de l’absence de démocratie dans un pays comme le Vénézuela et affiche publiquement son soutien à l’opposition d’un gouvernement pourtant légalement élu, la France ne pourrait nouer des contrats commerciaux portant sur la vente d’armes à l’Arabie saoudite sans faire peser sur elle le pire soupçon d’hypocrisie.

Il en va de la crédibilité de notre pays sur la scène internationale, il en va de la morale publique la plus élémentaire, il en va de la paix et de la stabilité dans une région minée par des antagonismes croissants et croisés.

A la lumière de l’ensemble ces éléments, Mme Rubin souhaite donc savoir quelles mesures M. le Premier ministre entend prendre afin de mettre en place dans les plus brefs délais un moratoire sur toutes les ventes d’armes à destination de l’Arabie saoudite ?

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