Victime d’arrêt cardiaque en Seine-Saint-Denis ? Vous avez deux fois plus de chances de mourir qu’un parisien

Un article de presse a récemment porté à mon attention une inégalité supplémentaire qui touche durement mon département : un habitant de la Seine-Saint-Denis a en moyenne deux fois plus de chance de décéder suite à une crise cardiaque qu’un parisien ou un résident des Hauts-de-Seine.

J’ai interrogé la Ministre de la Santé pour savoir ce qu’elle comptait faire pour résorber cette inégalité d’accès aux soins qui vient s’ajouter à la désertification médicale qui frappe notre département

Cet article s’appuie sur une étude menée par un collectif de médecins et d’acteurs de santé publiée dans la revue Circulation, permettant d’agréger des données et informations sur le taux de mortalité en cas de problèmes cardiaques sur une période allant de 2011 à 2016.

Recensant près 17 476 victimes d’arrêts cardiaques dans les départements de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine, 9000 seulement auront pu bénéficier de secours avant leurs décès.  Alors que près de 12% des victimes survivent dans l’hyper-centre parisien, ce chiffre tombe dramatiquement à 6% pour les résidents de mon département.
Cette inégalité devant l’accès au soin porte gravement atteinte au principe de fraternité républicaine et d’égalité des citoyens et constitue une violation manifeste des buts que se fixe notre politique de santé publique.

Le manque de formation aux secours peut être incriminé, ainsi qu’une dotation et un maillage insuffisant du territoire en terme de débrifilateurs qui permettent pourtant de réduire considérablement le risque de décès suite à un incident cardiaque.

Mais aussi et surtout le manque de moyens humains et financiers alloués aux secours, tant en terme de personnels que de véhicules, représentent un facteur déterminant expliquant cette inégalité devant la mort dont pâtissent nos concitoyens de Seine-Saint-Denis.

Cette situation est proprement intolérable et scandaleuse, indigne de notre longue tradition d’excellence et d’égalité républicaine que porte en son sein notre service public de la santé, aujourd’hui grandement mis à mal par des années de politiques austéritaires.

Dans ce contexte, Mme Sabine Rubin souhaite savoir quels seront les moyens alloués par vos services afin de pallier à cette injustice flagrante, tant en terme d’investissement public que de prévention des gestes de secours ?

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