La duplicité du gouvernement quant au chômage des jeunes

Le logo des Missions Locales

Encore une fois, LREM donne d’une main ce qu’elle reprend de l’autre : “plan pauvreté”, “garanties jeunes”, “plan d’investissement dans les compétences”… Que de belles intentions affichées, tandis que l’on réduit les moyens des missions locales, qui assurent l’insertion socio-professionnelle des jeunes depuis 1982 !

J’ai déposé, à ce sujet, une question écrite à la ministre du travail. Mme Pénicaud, sortez enfin de l’ambiguïté !


Mme Sabine Rubin appelle l’attention de Mme la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social sur la détresse des missions locales d’Île-de-France.

Les missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale furent créées en 1982, en réponse au taux de chômage considérable chez les jeunes personnes âgées de seize à vingt-cinq ans, que l’on attribuait alors à l’action conjointe d’une crise économique rampante, de la sélection scolaire, et de l’impitoyable tri opéré par les employeurs sur le marché du travail. De ce fait, et devant les conclusions du rapport Schwartz de septembre 1981 sur L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, qui mettait en évidence les corrélations liant l’exclusion économique à toutes sortes d’ennuis juridiques, sanitaires ou encore culturels, il leur fut donné pour principe de concevoir l’insertion comme un enjeu global : les missions locales devraient tenir le destin professionnel de l’individu pour indissociable du reste de son existence, dès lors qu’il vit en société.

Ainsi, quoique leurs fonctions fussent essentiellement liées au travail, elles revêtirent bientôt un rôle de conseil en matière éducative, économique, et sociale pour les plus nécessiteux, souvent ignorants de leurs propres droits, de leur propre citoyenneté, et des organismes nombreux, publics ou privés, dont dépendent l’accès à la formation, à l’emploi, à la santé, au loisir, au logement, au lien social. Ainsi que l’indique le choix du nom de “missions”, il n’était pas envisagé qu’elles perdurassent plus de quelques mois ; près de quarante ans plus tard, pourtant, elles demeurent nécessaires, plus encore peut-être qu’autrefois.

En cette circonstance, il est troublant qu’elles rencontrent, en Île-de-France, une accumulation d’obstacles, des “difficultés budgétaires et organisationnelles” dont elles font état dans une lettre adressée au ministère du Travail, alors même que le gouvernement attend leur participation au “plan pauvreté” et à mille autres dispositifs, dans le but affiché de résorber le chômage. Selon l’Association Régionale des Missions Locales (ARML), leur dotation de fonctionnement a baissé de 5,5% entre 2018 et 2019, et des fusions sans concertation entre structures ont été réclamées, cependant que la mise en place de la Garantie Jeunes était attendue.


Face à la proposition du Préfet de Région, qui ne modifiait qu’à la marge la maquette financière pour l’exercice 2019, et devant le refus du Délégué Général à l’Emploi et à la Formation Professionnelle d’accorder seulement un rendez-vous, l’ARML sollicite, auprès du gouvernement, l’ouverture d’une discussion visant la sortie de crise et, dans l’attente, le versement de 50% des crédits prévus, afin que ne soit pas interrompue leur mission de service public.


Madame la ministre compte-t-elle donner aux missions locales les moyens de poursuivre leur travail en faveur de l’insertion socio-professionnelle des jeunes, et ceux nécessaires à la mise en place de ses propres politiques ?

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