La gauche et l’immigration – une histoire et des politiques en débat

Tables rondes et débat citoyen

Dimanche 29 septembre 2019 — 16h30 – 19h30 — Entrée libre

Cirque électrique Porte des Lilas

Entrée libre – priorité sera donnée aux personnes ayant réservé :
sabine.rubin@assemblee-nationale.fr – 01 41 64 11 97
Espace bar et librairie sur place.


La question de l’immigration avec la tradition d’ouverture et d’accueil des travailleurs a longtemps constitué un marqueur de l’identité de la gauche.  La « crise des migrants » et les débats sur la loi asile-immigration à l’automne 2018 ont remis cette question sous les projecteurs. Elle a été l’objet de vifs débats qui, pour certains, auraient fait apparaitre un clivage idéologique, voire l’émergence d’une « gauche anti-migrants ».

Ces polémiques récurrentes m’ont invitée à me tourner vers l’histoire pour distinguer les postures politiciennes de la généalogie du rapport de la gauche à la question de l’immigration. J’ai demandé au Groupe d’Histoire Sociale, association éditrice de la revue Histoire & Sociétés, qui réunit des historiens enseignants et chercheurs, de travailler avec moi pour cette initiative.

Ensemble, nous avons réuni des chercheurs et universitaires pour éclairer de leurs savoirs une réflexion collective sous la forme de deux tables-rondes/débats. Je suis très heureuse et honorée de pouvoir vous proposer un temps d’échanges avec :

Gérard Noiriel, Sophie Wahnich,  Philippe Rygiel, Danièle Lochak, Thomas Branthôme, Virginie Guiraudon, Bastien Cabot et Karen Akoka.

Benjamin Stora et Patrick Weil étant pris par ailleurs, nous diffuserons leur contribution au débat. Ma collègue Danièle Obono se joint à moi pour vous parler plus en détails des propositions que nous avons portées en 2018.


Le déroulé :

1ère table ronde :  Les Français, l’étranger : quel humanisme ? 

Cette première table-ronde sera surtout historienne. Elle vise à mettre en valeur la généalogie des positionnements de la gauche, entre principes et réalités politiques, à montrer également comment la gauche s’est appropriée la question de l’immigration. A partir du moment fondateur de la Révolution française où s’élabore l’articulation entre Français et étrangers, cette table-ronde insistera sur l’invention du droit d’asile et de son appropriation par la gauche, mais aussi sur les crises xénophobes et la manière dont la gauche en a été affectée. Plus généralement, elle posera la question de savoir quand et comment l’immigration est devenue une question politique à gauche.

Avec Sophie Wahnich, Gérard Noiriel, Karen Akoka, Thomas Branthôme et Bastien Cabot 

2ème table ronde  : La gauche et les politiques de l’immigration – quelle(s) politique(s) migratoire(s) émancipatrice(s) ?

Cette seconde table-ronde adoptera l’angle des politiques publiques en matière d’immigration. Elle s’attachera à dresser l’inventaire des politiques menées sous des gouvernements de gauche de la Ve République, notamment du gouvernement de « gauche plurielle ». Comment, avec le recul, peut-on les considérer ? Ont-elles constitué des ruptures, fixé des formes pouvant servir de modèles ? A quels obstacles se sont-elles heurtées ? Il s’agira également de poser la question des politiques publiques en matière d’immigration : comment concevoir des politiques émancipatrices dans ce domaine ? C’est dans ce cadre que ce sont inscrites les propositions de la France insoumise contre la Loi Asile et Immigration adoptée en avril 2018.

Avec Thomas Branthôme, Virginie Guiraudon, Philippe Rygiel, Danièle Lochak, Danièle Obono et Sabine Rubin

Modération : le Groupe d’Histoire Sociale


Les intervenants : 

Gérard Noiriel

Pionnier de l’histoire de l’immigration en France, Gérard Noiriel s’est également intéressé à l’histoire de la classe ouvrière, et aux questions interdisciplinaires et épistémologiques en histoire. À ce titre, il a participé activement au développement des études socio-historiques. Il est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et propose régulièrement des conférences gesticulées.

Le creuset français. Histoire de l’immigration XIXème- XXème siècle. Nouvelle édition. Paris : Éditions Points, DL 2016

Le venin dans la plume – Édouard Drumont, Éric Zemmour et la part sombre de la République. Paris : La découverte, 2019

Sophie Wahnich

Directrice de recherche au CNRS, directrice de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC), le travail de Sophie Wahnich porte sur la Révolution française et le temps présent. Sa thèse avait pour sujet la notion d’étranger dans le discours de la Révolution française.

L’Impossible Citoyen, l’étranger dans le discours de la Révolution française. Paris : Albin Michel, 1997 – réédition en 2010 avec postface de l’auteure.

Philippe Rygiel

Philippe Rygiel est historien, professeur des Universités à Paris Ouest Nanterre La Défense. Spécialiste des migrations, il travaille notamment sur :
– les usages du lexique du genre dans le champ des études migratoires,
– l’histoire des pratiques administratives dans l’encadrement des populations étrangères et/ou immigrées
– l’émergence d’une réglementation internationale des migrations avant 1914
Philippe Rygiel est par ailleurs co-éditeur de la revue Journal of Migration History et co-directeur de collection chez Palgrave Macmillan (Londres, New York). Il est membre du conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration et président du Comité scientifique, attaché au département de la recherche.

Danièle Lochak

Danièle Lochak est professeure de droit public émérite de l’université de Paris Nanterre où elle a eu la responsabilité du master « Droits de l’homme » et assumé la direction du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof). Engagée de longue date dans le milieu associatif, elle a été présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s) et vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme, deux associations dans lesquelles elle est encore très active. Ses recherches et ses principales publications portent sur la théorie générale des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, le droit des étrangers et les politiques d’immigration, les discriminations, les usages sociaux du droit.

Face aux migrants : Etat de droit ou état de siège ? Textuel, coll. Conversations pour demain, 2007

Thomas Branthôme

Maître de conférences à l’Université Paris Descartes, ses principaux thèmes de recherche sontlhistoire de la pensée juridique, l’histoire de la République, l’histoire de l’État, l’histoire des libertés publiques, l’histoire des idées politiques.

Histoire de la République en France, avec Jacques de Saint-Victor, Paris :  Economica, collection « corpus-histoire du droit », 2019

Virginie Guiraudon 

Virginie Guiraudon est directrice de recherche au CNRS au Centre d’études européennes de Sciences Po Paris. Ses travaux portent sur les politiques comparées d’immigration et d’intégration en Europe. Elle travaille également sur la fabrique et la mise en œuvre des politiques de l’Union européenne, (lutte contre les discriminations, immigration, asile et contrôle aux frontières). En juin 2018, elle a lancé avec des collègues un appel pour la création d’un Groupe international d’experts sur les migrations (GIEM) s’inspirant du GIEC.  

Les politiques d’immigration en Europe – Allemagne, France, Pays-Bas, Paris : L’Harmattan, 2000

Bastien Cabot 

Professeur agrégé, doctorat contractuel Cespra/Tepsis, lauréat du prix de la Fondation Jean Jaurès en 2015. Ses recherches portent sur les échelles de l’engagement dans des situations d’épreuve collective, le nationalisme et les migrations à la fin du XIXe siècle. 

À bas les Belges ! L’expulsion des mineurs borains (Lens, août-septembre 1892), Rennes : PUR, 2017 

Karen Akoka 

Docteure en sociologie, Maitre de conférences en science politique. Université Paris Ouest Nanterre – Chercheuse à l’Institut des sciences sociales du politique au CNRS, ses thèmes et orientations de recherche portent sur Sociologie de l’immigration, Socio-histoire de l’asile, Ancrages local du transnational.

Thèse : « Du consulat des réfugiés à l’administration des demandeurs d’asile : la fabrique des réfugiés à l’Ofpra » – 2012

Danièle Obono 

Elue députée dans la 17e circonscription de Paris lors des élections législatives françaises de 2017, Danièle Obono, oratrice nationale de la France Insoumise, est secrétaire de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale et membre de la commission des Lois. 

Benjamin Stora (vidéo)

Docteur en histoire à l’EHESS et docteur en sociologie, Benjamin Stora préside le conseil d’orientation du musée de l’Histoire de l’immigration.

Les immigrés algériens en France : une histoire politique, 1912-1962. Paris : Hachette Littératures, 2009.

Patrick Weil (vidéo)

Docteur en science politique de l’IEP de Paris, puis directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre d’histoire sociale du XXe siècle de l’université de Paris, il travaille sur l’histoire de l’immigration en France. Fondateur de Bibliothèque sans frontière, il a exercé la fonction de chef de cabinet du secrétariat d’État aux immigrés en 1981 et 1982. En 1997, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin lui confie la mission d’étudier une réforme des législations sur la nationalité et l’immigration. Après un état des lieux critique des réformes entreprises par le gouvernement Balladur, il propose une réforme de la législation sur la nationalité et sur l’immigration. Depuis plusieurs années, il intervient en qualité de Visiting Professor au sein de la Yale Law School.

Le Groupe d’Histoire Sociale : 

Association éditrice de la revue Histoires & Sociétés, revue européenne d’histoire sociale (2002-2009), coordinatrice de l’ouvrage Le XXe Siècle des Guerres, Editions de l’Atelier, 2004, animatrice des Mardis de l’insoumission (depuis novembre 2017).

Association de chercheuses et chercheurs, d’enseignant.e.s et de citoyen.ne.s engagés dans des dynamiques militantes et d’Education populaire, le Groupe d’histoire sociale a relancé et redéfini ses activités (depuis 2016) autour de l’idée d’une université populaire permanente.

Le GHS conçoit depuis ses initiatives publiques comme des interventions dans la bataille culturelle indispensable, avec le souci de mobiliser les universitaires et la recherche ou les enseignants aux côtés de luttes dont nombre d’enseignant.e.s et chercheurs.euses sont de nouveau partie prenante.

Le GHS a voulu créer un espace de débats politiques et citoyens, éclairés par les réflexions de spécialistes prêts à s’engager dans un débat public.

Après avoir interrogé la manière dont se construisent et sont construits les processus de dominations et les expériences d’émancipation (2017-2018), le GHS a abordé les tensions et crises qui traversent la société française afin de prendre la mesure des dynamiques de « sécession » à l’œuvre, qui la fragilisent ou qui mettent en question – parfois très légitimement – les manières dont nous faisons société (2018-2019).

Plus récemment, il a organisé une journée d’étude sur le thème de « L’Education au risque des territoires : que peut le politique ? » (26 janvier 2019) ou co-organisé la première Université d’été des enseignant.e.s et de l’Education (26-27-28 août 2019 – http://uee.education).

Par sa participation à ces tables rondes citoyennes et politiques sur « La gauche et l’immigration » initiées par Sabine Rubin, le GHS poursuit son projet de création d’un « espace » de débats, et à terme, d’une « coopérative politique ». Son ambition est de contribuer à une réflexion collective sur les chemins de l’émancipation contemporaine en se confrontant à la question du pouvoir et en réfléchissant à la subversion des dominations que nombre de pouvoirs entretiennent. https://groupedhistoiresociale.com/


Remerciements particuliers au Cirque Électrique et au Musée de l’Histoire de l’immigration.

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