Thomas Brail : « Comme les arbres, je prends mon mal en patience. »

Depuis son avion, Macron donne des leçons d’écologie : que les jeunes aillent nettoyer les plages, au lieu de bloquer les rues de Paris ! Ou bien qu’ils aillent manifester en Pologne ! Et la France ? Circulez, il n’y a rien à voir.

Rien à voir, à part Thomas Brail, perché depuis trois semaines dans un platane, juste devant le ministère de la transition écologique, pour demander que soit appliqué le Code de l’environnement ; que l’on cesse d’abattre des arbres sains pour couler du béton.

Ni la ministre Elisabeth Borne, ni la secrétaire d’État Brune Poirson, ni le moindre de leurs commis n’auront daigné traverser la rue pour venir l’écouter. Trop occupés à remplacer les trains de marchandises par des camions, sans doute.

Je m’y suis rendue, avec François Ruffin. Et j’ai trouvé un modèle d’engagement, un homme qui s’use à préserver ce qu’il reste de nature. Pour son fils, mais aussi pour celui d’Elisabeth Borne, et pour la fille de Brune Poirson.

J’ai interrogé Mme. la Ministre :


Mme Sabine Rubin interroge Mme la ministre de la transition écologique et solidaire sur le non-respect de l’article L350-3 du Code de l’environnement dans de nombreuses communes.

Le 28 août dernier, Thomas Brail, grimpeur-arboriste de quarante-trois ans, s’est installé dans un platane, en face du ministère de la transition écologique et solidaire, afin d’attirer son attention sur lesdites violations ; voici trois semaines qu’il n’a pas touché le sol, faute d’avoir reçu une réponse.

Aux termes de l’article L350-3, une dérogation doit être accordée par l’autorité administrative compétente afin que puisse être abattu, à des fins de construction, un arbre appartenant à un alignement et qui ne présente aucun risque pour les biens et les personnes, ni aucun risque sanitaire. Dans de nombreux cas, des arbres sont pourtant abattus suite à une simple modification du plan local d’urbanisme, afin de permettre le développement de projets immobiliers.

Cette situation a pour conséquence la destruction de plusieurs centaines d’arbres par semaine, dont beaucoup sont âgés, et constituent donc de remarquables réserves de biodiversité et de formidables pièges à carbone, contrairement aux arbres plus jeunes qui pourraient être plantés en compensation.

Cela n’est possible qu’en vertu de l’absence, dans l’actuelle rédaction de l’article L350-3 de la loi pour la biodiversité, des précisions nécessaires à sa mise en oeuvre, notamment en matière de sanctions pénales et de dérogation. Afin que cessent les abattages qui y contreviennent, un décret d’application précisant ses modalités est donc nécessaire, ainsi qu’une demande de mise en conformité des plans locaux d’urbanisme adressée aux communes.

Mme la ministre compte-t-elle rédiger et obtenir la signature de ce décret d’application, puis s’assurer de ce que les plans locaux d’urbanisme soient mis en conformité dans les plus brefs délais ?

You may also like...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :