La sûreté ferroviaire, remplacée par des mercenaires low-cost ?

Photo : Kevin B. – CC BY-SA 3.0

Avec l’ouverture à la concurrence du rail français, c’est aussi la sécurité que l’on brade ! J’ai interrogé M. le secrétaire d’État aux transports à ce sujet :


Mme Sabine Rubin interroge M. le secrétaire d’État, auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, chargé des transports sur le devenir de la Surveillance Générale (SUGE), service de sécurité de la SNCF.

Préalablement à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, voulue par l’Union Européenne, et afin de la rendre possible, s’est opérée la séparation comptable des activités de la SNCF.

Suite à ce changement, les missions de la SUGE ont été contractualisées, d’abord auprès des différentes activités de la SNCF désormais distinctes et, bientôt, auprès des opérateurs privés.

De fait, l’activité de la police ferroviaire se trouve, elle aussi, ouverte à la concurrence, c’est-à-dire menacée par des entreprises de sécurité dont les prestations coûtent jusqu’à quatre fois moins cher que les siennes.

Contrairement à ce qu’affectent de croire les apologistes de la concurrence libre et non faussée, cette différence de tarif n’est pas le reflet d’une défaillance de marché, mais le juste prix d’une expertise. Les agents agents assermentés de la SUGE protègent les personnels et les usagers depuis 1939 ; ils disposent en outre d’unités spécialisées, cynophiles, aériennes, de prérogatives et d’équipements inaccessibles aux mercenaires low-cost.

D’ores et déjà, les agents sont contraints de se conduire en prestataires de leur propre entreprise. Appelés, pour une durée établie annuellement, par l’une ou l’autre activité de la SNCF, ils doivent compter leurs heures, et non plus s’adapter aux besoins de surveillance, de dissuasion et d’intervention.

À terme, la SNCF est destinée à s’aligner sur les nouveaux entrants, qui feront appel à des agents privés d’une moindre efficacité, au mépris de la sécurité de ses personnels et de ses usagers, afin de satisfaire à l’ascétisme budgétaire ambiant. À ce titre, la disparition programmée de la SUGE constituerait une forfaiture et un acte d’inconscience.

M. le secrétaire d’État prévoit-il, avant que se produise un drame prévisible, de financer la nécessaire survie de la SUGE au moyen d’une taxe sûreté obligatoire, comme c’est déjà le cas dans les domaines maritime et aérien ?

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