Quand la France entasse ses réfugiés

Faudra-t-il que le système d’insertion des réfugiés s’écroule, lorsque les personnels ne pourront plus pallier ses multiples défaillances, pour que l’on daigne le repenser et le financer ? J’ai interrogé M. Castaner : 


Mme Sabine Rubin alerte M. le ministre de l’intérieur sur la situation des centres provisoires d’hébergement (CPH).

Ces structures, destinées à accueillir exclusivement les réfugiés, sont tenues de respecter un cahier des charges particulièrement contraignant, sans disposer des budgets afférents.

En effet, chaque CPH ne dispose que de vingt-cinq euros par jour et par réfugié, qui doivent suffire au règlement des salaires des personnels d’accompagnement et des veilleurs de nuit, aux charges du lieu, et à d’autres dépenses encore. Au-delà du nombre insuffisant de CPH en France, les moyens dont disposent chacun d’entre eux sont très manifestement inadaptés.

Mme. Rubin a visité, jeudi 26 septembre, celui du Pré Saint-Gervais. Pour être le plus important de Seine-Saint-Denis, il n’en est pas moins sous-dimensionné, accueillant cent vingt-cinq hommes seuls dans des chambres de neuf à douze mètres carrés qu’ils partagent à trois voire quatre.

Leurs conditions de vie, déjà indignes, sont encore dégradées par l’absence, dans le cahier des charges, d’une ligne budgétaire dédiée à leur alimentation ; en l’état, l’association Aurore, responsable du centre, fournit des chèques services pour le matin et le soir, mais doit recourir à la Croix Rouge de Pantin pour les repas du midi. Une telle précarité, surtout s’agissant de personnes auxquelles a été reconnu le statut de réfugié, est inacceptable.

En outre, suite à sa classification en CPH, cette structure a perdu 300 000 euros de dotation annuelle de l’État, qui s’ajoute à la baisse prévue de ses effectifs. Dans cette situation, il est illusoire d’imaginer qu’elle puisse mener à bien la mission d’accompagnement et d’insertion qui lui échoit, et qui est déjà complexe par nature : puisque fuyant des pays instables, la plupart des réfugiés ne bénéficie d’aucune équivalence de diplôme, et peine à trouver un emploi dans les neuf mois impartis.

Faudra-t-il que le système d’insertion des réfugiés s’écroule, lorsque les personnels ne pourront plus pallier ses multiples défaillances, pour que M. le ministre daigne le repenser et le financer ?

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