Chiffres à l’appui, la macronie est bien un château de castes

Voici le projet du président Macron mis à nu par les données de l’Insee, institution que l’on ne peut soupçonner de gauchisme. Le rapport sur les inégalités de revenu en 2018 vient de paraître.

Entre 2017 et 2018, le revenu des 10% les plus riches a augmenté de 0,6%. Celui des 10% les plus pauvres a diminué de 1,5%. À première vue, ces chiffres ne pas très impressionnants ! Examinons pourtant ce qui se cache derrière.

D’abord, on parle ici du revenu après redistribution (impôts et prestations sociales). « Il faut que le travail paye », nous disait le ministre des finances en 2018. C’est raté. Sous Macron, le travail paie de moins en moins pour les plus pauvres, et il faut compter sur l’impôt pour éviter que l’écart se creuse de manière abyssale.

Si le travail ne paie pas, donc, qu’est-ce qui paie ? La propriété. L’écrasante majorité d’entre nous reçoit un revenu en échange du travail qu’il fournit, tandis que les très riches gagnent à proportion de ce qu’ils possèdent, de leur capital. C’est toute la différence entre les travailleurs et les parasites.

On parle ici des 0,1%, voire des 0,01% que Macron a favorisés, notamment en réduisant les impôts sur le capital. Leurs revenus n’ont pas augmenté de 0,6%, mais bien davantage. En quelques années, ils ont connu des hausses à deux chiffres, qui représentent des milliards, pendant que les pauvres s’appauvrissent.

Parmi les 10% les plus riches dont parle ce rapport, on compte des cadres, des médecins, des petits patrons qui gagnent leur vie en travaillant, même s’ils la gagnent bien. Si on les fourre avec les ultra-riches dans un gros sac de 10%, alors on ne voit plus rien.

Les 500 plus grandes fortunes de France, soit à peu près les 0,000001%, ont augmenté d’environ 3% durant les six premiers mois de 2020, malgré le COVID-19. On parle bien de la hausse de leur patrimoine, pas de celle de leur revenu, qui est autrement colossale. Là encore, remercions Macron et son gouvernement qui n’ont pris aucune mesure de rétorsion contre les profiteurs de crise : selon Oxfam, le CAC 40 aura versé 37 milliards de dividendes pendant que tout le reste du pays buvait la tasse.

On aura beau nous dire que « la hausse de la pauvreté est relative », la réalité de la misère saute aux yeux. Depuis mai, environ 2 millions de personnes supplémentaires ont recours à l’aide alimentaire, qui s’ajoutent aux 5,5 millions de bénéficiaires, selon la chercheuse Dominique Paturel citée par Bastamag.

En janvier 2018, la macronie était dans son huitième mois ; ils n’ont aucune excuse. Ces chiffres reflètent la flat tax sur le capital, la casse du code du travail, la baisse des aides sociales, la non-revalorisation des salaires, entre autres coups portés aux travailleurs. C’est bien leur action qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres, quand ce n’est pas leur inaction.

Qu’ils se méfient : l’économie ne repose pas sur ceux qu’ils croient. Quand on sape les fondations d’un édifice, il finit par s’effondrer, et son sommet tombe de plus haut que ses piliers.

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